Ste-Mere-Eglise et la memoire

C’est au bruit du tocsin que le soir du 5 juin 1944, Sainte-Mère-Eglise entre dans l’Histoire. Une maison située derrière l’Église brûle, il est 23h00. Les pompiers et la population essaient de maîtriser l’incendie. Étant donné le couvre-feu, ils sont entourés de soldats Allemands l’arme au poing. Bien que Sainte-Mère-Eglise fut une des zones de saut réservée à la 82e AB, les premiers parachutistes qui touchèrent le sol de la bourgade appartenaient à la 101e AB. Plusieurs sticks se retrouvèrent dans le bourg et les environs. Les « Screaming Eagles« , isolés et loin de leur DZ  allaient cependant pour certains participer avec la 82e AB à la libération de la ville.

Lorsque plusieurs groupes de parachutistes américains tombent sur le bourg. Les Allemands réalisent très vite que c’est le début du débarquement, et après deux heures de combats où seront tués plusieurs Américains, les Allemands se replient à 2 kilomètres au Sud dans le village de Fauville où se trouve le quartier général de leur commandant. La ville est prise par le 3/505 aux ordres du Lieutenant-Colonel Edward C.Krause, il est 5h00 le 6 juin 1944.

A l’aube, la contre-attaque Allemande pour reprendre Sainte-Mère-Eglise s’organise.

Au Sud; les troupes allemandes regroupées entre Turqueville et Fauville bloquent le 505e régiment d’infanterie parachutiste de la 82e division aéroportée et tirent sur la ville à l’aide de canons de 88mm ainsi que sur les planeurs qui se posent entre Fauville et les Forges, et, empêchent ainsi les troupes de la 4e division d’infanterie venues de la mer, secteur d’Utah Beach de faire leur jonction avec la 82e AB.

Au Nord ; deux tentatives successives appuyées par des chars Stug III échoueront à 100 mètres de l’entrée de la bourgade. Les paras du 2/505 du Lieutenant-Colonel Benjamin H.Vandervoort repoussent la contre-attaque allemande notamment grâce à 2 canons de 57mm récupérés dans les planeurs.


A l’Ouest ; la maîtrise des ponts de la Fière et de Chef du Pont qui franchissent les marais sont d’une importance capitale et les Allemands le savent. C’est un passage obligé. En effet pour couper la presqu’île du Cotentin, les troupes Américaines doivent les emprunter d’Est en Ouest. Si la prise du pont de Chef du Pont se passe relativement bien, les combats pour la prise de la Fière seront d’une âpreté rarement atteinte. Les attaques et contre-attaques dureront 3 jours, mais ce pont ne sera jamais repris et permettra aux troupes Américaines de continuer leur progression.

A partir du 10 juin, le bruit des combats s’éloigne et Sainte-Mère-Eglise ne sera jamais reprise. Mais à quel prix…celui de la Liberté.

Saut de Robert "Bob" Murphy au dessus de Sainte-Mère-Eglise.

Photo Y. Tariel